J’ai toujours été une battante et ça tombe bien puisque j’ai toujours dû me battre : Me battre pour qu’on reconnaisse que j’étais malade, me battre pour arriver à réussir mes études malgré mon état, me battre pour guérir, me battre pour être mère…puis me battre pour que le pied bot de ma fille soit le plus magnifique des petits pieds, me battre pour que quelqu’un entende enfin mon appel au secours à propos du tube digestif de ma princesse,…
Mais il y à un combat dont je n’ai jamais voulu et qui me plombe, c’est le permis de conduire! Avoir une voiture et conduire, ça n’a jamais fait partie de mes ambitions. Mon père me servait de chauffeur quand j’habitais en Belgique puis en arrivant à Paris, tout était à ma disposition en bas de chez moi ou au coin de la rue donc je me débrouillais seule! Puis on est venu vivre à la campagne… et on a eu notre Démon…et le Démon fait sa 1ère rentrée scolaire en septembre et l’école n’est accessible qu’en voiture de chez nous…
J’ai eu le code (la théorie) au bout de 2 mois de leçons à l’auto-école, à raison d’une leçon par semaine, ce qui est assez rapide. J’ai commencé la conduite mi juillet puis il y à eu une coupure d’1 mois pour cause de fermeture annuelle de l’auto-école puis j’ai eu une leçon chaque samedi ou presque (les we où on recevait du monde : impossible, le we en Belgique : impossible, planning du moniteur surchargé : impossible, vacances du moniteur : impossible,…) vu que parfois, j’avais même jusqu’à 1 mois sans leçon!
Le permis était prévu pour fin mars… Je ne serai jamais une super conductrice et je suis nulle en manoeuvres mais bon, le moniteur me trouve prête… sauf que les inspecteurs du permis font grève donc le jour J, mon permis est annulé… on se laisse le we de tranquillité puis je rappelle le mono : impossible de me caser dans le planning des leçons le we d’après puis il part en vacances 15j. Résultats : 1 mois de “vacances”pour moi… On reprend les leçons chaque we et on fixe une date du permis : 16 mai. Je me sens bien plus prête, bien plus sûre de moi. L’euphytose m’aide à bien gérer mon stress et je connais mes vérifs à fond.
Chéri me dépose au centre d’examens à 13h15 pour 13h30 (on nous a dit d’arriver en avance). Le moniteur arrive à 25 et l’inspectrice à 30. Elle s’installe dans la voiture et je suis un peu perplexe quand le moniteur me dit que je n’ai pas le droit de m’installer, que je dois attendre que l’inspectrice m’y invite. Bon ben j’en profite pour sortir ma carte d’identité et enlever mon manteau. Elle me demande de m’installer au volant, ce que je fais puis me demande de lire la plaque d’immatriculation d’une voiture au loin et complètement de biais donc je vois mal et j’ai peur de dire une connerie. Je réponds timidement et là, elle me houspille déjà “QUOI?? ALLEZ, CONTINUEZ!!”, je répète donc et apparemment, c’est bon. Je fais tous mes réglages ”VOUS ETES BIEN INSTALLÉE, LA, MADAME??” sur un ton genre “t’as vu comment t’es installée, y à pas un problème???”. Elle m’explique le déroulement de l’examen sur ce ton extrêmement protocolaire et militaire… “A UN MOMENT, VOUS DEVREZ ETRE EN MESURE DE RENTRER SEULE A UN POINT DONNE…” Euuuh panique à bord, j’suis pas Tom-Tom, moi, loin de là!! Je ne connais pas cette ville et je suis incapable d’aller de moi-même à un point donné!!!! On démarre, je roule tranquillement sans trop de problèmes, je suis concentrée. Ses remarques genre”UN PEU PLUS DE CONTRÔLES, MADAME!!” me stressent un peu vu le ton employé. “VOUS ALLEZ ENTRER DANS CE PARKING ET VOUS GARER EN ÉPI” Branle-bas de combat, panique, je n’ai fait qu’une seule fois d’épi arrière. Je ne me demande pas si c’est simple ou pas, je ne réfléchis plus à rien, je stresse et je rentre n’importe comment sur ce parking. Elle me lance un regard glacial “VOUS NE VOYEZ PAS LES AUTRES VOITURES???”. Etrangement, je ne réfléchis plus, je sais qu’au permis, on te demande uniquement des manœuvres en arrière donc je m’avance derrière les voitures, je mets la marche arrière et là “EUUUH C’EST EN AVANT QUE VOUS DEVEZ VOUS GARER!!” Ah oups, je recule et je fais ma manœuvre complètement paniquée parce que l’épi avant, je ne l’ai jamais fait avant!!!! (je sais avec le recul que c’est très simple mais sur le coup, j’ai vu ça différemment!) “C’EST BON, VOUS AVEZ FINI, LA???” J’en sais rien, ça me semble pas tip top mais c’est pas si mal quand même…On sort faire les vérifs extérieures : “Montrez l’orifice de remplissage de l’huile moteur. Quelle peut-être la conséquence d’un défaut d’huile pour le moteur?” Là, je vois que je n’ai pas redressé mes roues donc re panique!! J’ouvre le capot, je réponds parfaitement puis je n’arrive pas à refermer le capot “FAITES ATTENTION A NE PAS PLIER LA TÔLE QUAND MÊME!!!”. On repart, je suis à l’ouest total, en panique… et là “MAIS VOUS N’AVEZ PAS VU LE STOP???????????” Hé merde!!!!!!!!!!!!!! Je l’ai vu, j’ai freiné mais je n’ai pas marqué l’arrêt et c’est trop tard et foutu, c’est une faute éliminatoire… Je pensais qu’on arrêtait tout et qu’on rentrait directement après une faute comme ça mais non, on a continué. On entre dans une rue étroite “EFFECTUEZ LA MANŒUVRE DE VOTRE CHOIX” : ah oui en effet, de mon choix!! Il n’y a aucun rangement possible dans cette rue et il est impossible de faire demi-tour donc bon, il me reste la marche arrière le long du trottoir (c’est simple mais quand on vous dit que vous avez le choix de la manœuvre, ce genre d’endroit me semble un peu bizarre!!) Je réussis ma marche arrière puis on fait la vérif intérieure “que vous signale un voyant de couleur orange?” et je réponds sans problème. On repart en direction du centre. “VOUS ARRIVEREZ A NOUS RAMENER AU CENTRE D’EXAMEN D’ICI??” “Euuuh non…” Elle m’indique le chemin et on arrive au centre “RANGEZ VOUS EN BATAILLE ICI
ET ESSAYEZ DE NE PAS ÉCRASER LA JEUNE FILLE QUI ATTEND A COTE!!…VOUS AUREZ LES RÉSULTATS PAR COURRIER…” Je sors de la voiture et je m’effondre… Mon moniteur essaye de me consoler pendant plus de 20′ mais on sait que c’est foutu. Je n’ai jamais voulu conduire donc échouer en prime, c’est pire que tout pour moi!! J’ai pleuré pendant de longues heures. Je me sens si nulle, j’ai honte…Je n’ai pas dormi de la nuit, tout ça tournait dans ma tête encore et encore. J’ai envie d’abandonner, de ne plus vivre ça. Tous les gens qui m’aiment me soutiennent et essayent de me consoler mais rien n’y fait… J’ai échoué et j’ai vraiment du mal à l’accepter. Entre les fausses-couches précoces, les poisses qu’on accumule, c’en est trop pour moi…









